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 Salon

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Eldwin
Le Renart
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MessageSujet: Re: Salon   Mer 2 Sep 2009 - 20:53

Eldwin observa sa soeur guider Nabel hors de la pièce. Il en était content. Il ne souhaitait pas aborder le sujet du frère de sa nièce immédiatement, surtout que ce petit impertinent n'avait donné aucune réponse à sa dernière missive, accompagnée d'une somme d'argent assez conséquente. Il préférait parler avec son frère de choses, selon lui, plus importantes et surtout plus intéressantes. C'est d'ailleurs le regard avisé et l'air très attentif qu'il reporta son attention sur Thomas qui répondit à sa question. Il fut heureux de voir que son frère partageait tant de choses avec lui: le goût des affaires spirituelles aussi bien que temporelles et surtout une grande ambition, pour lui, et pour leur famille. Savoir que son frère faisait carrière en politique était une bonne chose, d'autant plus qu'il semblait bien placé et actif. Avec quelques efforts et de la persévérance cela le conduirait certainement à obtenir des terres et un titre, des revenus et surtout du prestige pour les Renarts.

Et bien je suis membre d'un parti bourguignon très actif et bien ancré dans le paysage politique du Duché. Il a fourni de nombreux régnants, comme mon suzerain et plusieurs pairs du Royaume, et puis l'actuelle duchesse de Bourgogne, Son Eminence Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg, en est la dirigeante. Elle est d'ailleurs encore une fois tête de liste pour les prochaines élections ducales qui approchent. Je fais partie de la liste mais je ne serais certainement pas parmi les élus. Cinq listes se présentent. Nous prévoyons gagner quatre places au conseil ducal tout au plus.

Il se tut, un court instant, pensant à ces élections qui approchaient. Il espérait que leur parti serait de nouveau gagnant et que la cardinal serait de nouveau reconnue duchesse de Bourgogne. Une moue se dessina sur son visage à l'idée qu'une des têtes de liste des autres en compétition soit reconnue duc ou duchesse. Le Duché serait alors bien mal servi durant deux mois.

Della pour sa part suit la politique du Duché mais n'y participe pas directement. Elle est trop occupée par les vignes du domaine ... Et puis je crois que c'est tout. Les autres membres de la famille sont encore un peu trop jeunes pour êtres investis en politique.

Eldwin pensa alors à son projet, ses projets, et se dit que c'était le moment d'en arborer certains avec Thomas. Il prit un beau d'eau dans un verre, la but, puis reprit, sur un ton moins badin, plus sérieux, témoignant de l'importance de ses propos.

Je ne suis sûr de rien, mais je pense être en bonne place pour obtenir un office royal. Et pas des moindres. Je l'ai choisi de telles façons qu'il ne me prenne pas trop de temps. Il me fournira de bons revenus et mon travail sera en réalité un plaisir. Par ailleurs il va me permettre d'être introduit à la Cour, une bonne chose pour notre famille donc. Cependant l'annonce de la nomination tarde à se faire connaître. Il doit donc y avoir plusieurs candidatures, j'espère que la concurrence ne va pas me causer préjudice, il serait vraiment regrettable que cela n'aboutisse pas en ma faveur. Une telle occasion ne se représentera peut-être jamais.

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Feu Monseigneur Eldwin de Volvent, le Renart
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MessageSujet: Re: Salon   Mer 2 Sep 2009 - 22:30

Thomas tilta quand Eldwin parla d'un office royal... C'était autre chose que des Ducales, qui déjà, l'ennuyaient assez, tant ils rabâchaient sans cesse la même litanie, sans se préoccuper des problèmes majeurs. S'il était entré en politique, c'était bien pour faire quelque chose d'humain. En accord avec Dieu. Là, son frère lui annonçait qu'il allait accéder à une haute charge...

Être introduit à la Cour, qu'elle chance as tu ! Être aussi proche du Roi, c'est bien bonne chose pour les Volvent. Et quel serait cet office ?


Il sourit à l'idée qu'il prenait la même voie qu'Eldwin, avec beaucoup moins d'expérience, et peut être, moins d'intérêt. Néanmoins, peut être pourrait il l'instruire pour sa future charge. Ne disait on pas qu'il n'y avait rien de pire pour détruire un homme que les rouages de la politique ? Mais en cela il s'estimait chanceux. Il était soutenu par sa famille, encouragé même, et qui plus est il avait l'aide du Très Haut...
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Eldwin
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MessageSujet: Re: Salon   Jeu 3 Sep 2009 - 9:10

Eldwin ne manqua pas la réaction de son frère lorsqu'il évoqua sa potentiel future charge royale. Il s'en amusa intérieurement. Cela confirmait bien ce qu'il pensait. Il avait de l'ambition et cela ne pouvait que réjouir Eldwin. Il lui faudrait donc faire part de ses projets pour la famille, puis de leurs carrières religieuses respectives. Mais chaque chose en son temps, pour le moment ce qui les intéressaient étaient plus d'ordre politique.

Il s'agit de l'office de Grand Louvetier de France. J'ai toujours eu la passion de la chasse, comme feu notre père et nos respectés aïeuls. Certains s'étonnent de me voir continuer à pratiquer ce plaisir à présent que je suis prêtre mais je ne vois rien qui m'en empêcherait. Etant un grand office, même mineur à côté de ceux de la Curia Regis, il me permettra de toucher d'importants revenus en échange de quelques chasses au loup de temps à autre. Rien de bien contraignant comme je te l'ai dit. Reste à présent qu'il faut prier pour que je sois choisi ...

Eldwin devait bien se l'avouer, il commençait à s'inquiéter. Son entrevue avec le Grand Veneur remontait à plusieurs semaines à présent. Si encore personne n'avait été nommé c'est que le choix devait être difficile pour les officiers des Chasses Royales. Cela n'était donc pas forcément bon signe pour le Renart. Malgré tout il gardait espoir, après tout, il n'avait rien à perdre, s'il était nommé tout lui souriait, si ce n'était pas le cas cela ne changeait rien. Sirotant son verre d'eau il observa son frère, puis la fenêtre. Elles seraient peut-être rapide, autant aborder le sujet dès à présent, bien qu'ils soient à peine arriver.

Ils nous faut anoblir Della et Nabel mon frère.

Il avait dit cette simple phrase d'un ton grave. Comme s'il y avait urgence. Eldwin se leva de son fauteuil et comme souvent lorsqu'il parlait tout en réfléchissant s'approcha de la fenêtre et contempla l'extérieur.

Nous avons beau être de noble naissance et notre nom n'étant entaché d'aucune récente honte nous ne marierons jamais nos filles si elles ne sont aux moins titrées dame d'une terre quelconque. Je doute qu'elles épousent un duc, même avec un titre de petite noblesse, mais au moins, dans un premier temps, pourrions nous trouver un baron ou un vicomte sur le déclin ...

Eldwin se tut, se retourna vers Thomas, l'observa, et fit quelques pas vers son frère. Le cas de sa soeur l'inquiétait. Il serait mal aisé de la forcer. Elle avait beau comprendre et prendre très à coeur les intérêts de la famille il était certain qu'elle ne se soumettrait pas facilement à un mariage arrangé. La dernière tentative en date avait été plus qu'un fiasco. Peut-être Nabel serait-elle plus apte à prendre un époux qu'elle ne connaissait pas sans rechigner. Thomas semblait avoir une grande autorité sur elle.

Je vais tenter de trouver en Bourgogne une quelconque terre seigneuriale pour Della. Peut-être arriverais-je même à refaire de Beaumont une seigneurie officielle du Duché. Par contre je ne peux rien affirmer concernant un éventuel mariage. Tu connais son tempérament et je t'ai appris ce qu'elle avait fait la dernière fois que j'ai voulu la marier sans son avis. C'est une forte tête mais elle était plus jeune à l'époque. Peut-être sera plus raisonnable, cette fois ci ... Je me chargerais de l'entretenir d'un tel projet. Je la connais bien, sans son accord nous n'arriverons à rien avec elle.

Il approchât de la petite table et y prit son verre pour se désaltèrer un peu avant de poursuivre.

Je ne connais pas bien Nabel, cela fait bien trop longtemps que nous ne nous étions vu. Penses-tu pouvoir lui trouver une terre et un parti avantageux pour notre famille sans qu'elle se révolte ?

Eldwin avait parlé sans ambages. Il n'était nécessaire avec son frère de passer par des chemins détournés. Depuis qu'ils s'étaient retrouvés, à Rome, il avait compris qu'ils étaient beaucoup plus semblables qu'avant que Thomas quitte Beaumont et la famille. Ce qui, à cette époque, les séparaient n'était pas leurs caractères, mais tout simplement leur père qui en voyait tout en l'un et rien dans l'autre.

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MessageSujet: Re: Salon   Dim 6 Sep 2009 - 10:14

Ah, il s'en glorifiait de sa future charge. Thomas sourit, il avait bien raison. Les Volvent remontaient la pente de la désuétude, et grandissaient de jours en jours. Quand il parla d'anoblir Della et Nabel, il se demanda comment procéder. Eldwin lui dit, sans détours, qu'il s'occuperait de Della. Aussi lui revenait la charge de trouver à Nabel terre et titres...

Je verrais pour notre nièce, ce que je peux faire. Un mariage, évidement, serait la meilleure des solutions. Mais tu connais les femmes, elles ne veulent que des mariages d'amour... Je pense pouvoir la contraindre, mais son bonheur, sommes toutes, ne doit pas être oublié au profit d'une quelconque terre. J'irais prospecter en Alençon, et lui demanderait son avis. Peut être les "sélectionnés" pourraient ils venir ici ?


Il se dit qu'il n'y aurait pas foule... Mais bon, cela valait le coup d'essayer. Que risquait il de perdre, sinon un peu d'honneur.


A moins qu'il y ait une autre solution pour les anoblir. Autre que le mariage, j'entends.
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MessageSujet: Re: Salon   Dim 6 Sep 2009 - 14:00

En écoutant la réponse de son frère Eldwin se dit que celui ci n'avait pas du le comprendre. Néanmoins il avait raison sur une chose: les femmes désiraient toujours, ou du moins très souvent, un mariage d'amour. Pourtant, certaine femme éclairées comprenaient que les intérêts de leur famille devait passer avant les leurs. Il secoua donc légèrement la tête avant de lui répondre.

Tu m'as mal compris. Il nous faut trouver un moyen pour qu'elles soient anoblis avant de les marier. Sans terres et titre jamais elle ne trouveront un époux, qu'elle l'aime ou que ce soit par ... intérêts.

Eldwin se tut un instant, réfléchissant.

Mais il est certain que cela sera délicat. Le mieux serait de trouver un duc, un comte, ou un vicomte avec qui sympathisé, se lier, et qui par amitié ou remerciement pour service rendu les anoblissent. Mais là encore ce ne sera pas chose aisé. Le mieux, peut-être, serait que nous-mêmes obtenions des titres, au moins celui de baron, pour ainsi les anoblir ensuite.

Eldwin était ambitieux, et surtout sur ce point. C'était de l'orgueil, un péché donc, mais il aspirait à obtenir un titre plus important que celui qu'il avait actuellement. Mais surtout pour apporter une certaine gloire à sa famille, une réputation plus importante et une stabilité.

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MessageSujet: Re: Salon   Lun 7 Sep 2009 - 15:17

S'il y avait bien une chose que Thomas ne comprenait pas, c'était cette histoire de titre... Et les affaires économiques. Il laissait ça à Antoine, son secrétaire à Alençon. Alors il fallait d'abords que Nabel et Della soit titrée... Et qu'elles aient des terre. Il fallait pour cela l'aide d'un Duc. Les relations de Thomas comptait plusieurs ducs, dont un qu'il affectionnait particulièrement. Il irait lui demander conseil.

J'irais parler au Duc de Trun. C'est un homme sympathique et simple. Mais sinon, je ne me suis jamais intéressé de très près à ces histoires de titre. Mon nom me suffisait. Néanmoins, il va me falloir changer d'attitude. Comment obtenir le prestige, en effet, sans titre ?


Il décida alors de s'en remettre à Eldwin :


Être baron donne le droit d'anoblir ?
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MessageSujet: Re: Salon   Lun 7 Sep 2009 - 22:52

Thomas semblait visiblement avoir de bons espoirs de trouver des terres et un titre de dame grâce à un duc alençonnais proche de lui. C'était une bonne chose, pour sa part Eldwin n'avait pas vraiment d'idée. Mais bon il trouverait bien une solution. A la question de son frère Eldwin réfléchit un instant, tentant de se souvenir de quelque chose et répondit finalement par l'affirmative.

Oui c'est bien le cas. Un baron peu avoir deux seigneurs vassaux. Un vicomte trois, me semble t-il, et le nombre de seigneurs pouvant être anoblis augmentent en fonction de l'importance du titre. Je crois d'ailleurs que les marquis peuvent anoblir des barons en plus de seigneurs. Mais je n'en suis plus certain. Je ne suis pas un expert héraldique, il faudrait que je me renseigne auprès de l'Hérauderie royale, la Bourgogne étant dépourvu de héraut.

En ayant fini pour le moment sur ce sujet Eldwin se dit qu'il était temps de faire connaître à son frère ses neveu et nièce qu'il n'avait encore jamais vu. Il fit donc signe à une servante d'aller prévenir Maria.

Je ne sais si je te l'ai dit il me semble que non. Donc tu vas l'apprendre aujourd'hui. Comme tu le sais je ne fut jamais destiné à devenir prêtre. J'étais plutôt parti pour une carrière militaire puis politique. Alors que j'étais en Touraine, pour les études, poursuivant mon tour des universités du Royaume j'ai fait la rencontre d'une jeune femme. C'était quelques mois après la mort de père et la fuite de Della. Elle s'appelait Catherine d'Hesse. Elle était membre d'une famille noble du Saint-Empire germanique vivant loin vers l'est. Elle se trouvait en exil, ayant fuit une révolte paysanne qui tua une partie de sa famille.

Eldwin se tut, hésitant, alors qu'il repensait à sa rencontre avec Catherine et l'immense bonheur qu'avait été sa vie par la suite.

Nous tombèrent amoureux et rapidement décidèrent de nous unir. Le mariage eut lieu à Rome, en toute intimité, en église où nous nous sommes retrouvés il y a peu. Nous vivions tranquillement jusqu'à ce que la Très-Haut bénisse notre union. Catherine était enceinte. Durant sa grossesse nous sommes restés en Touraine et peu avant l'accouchement avons été nous installer à Rome là où j'avais un hostel particulier. C'est là qu'elle mit au monde Elinor, et Cynil, mon héritier ...

Eldwin sentit de la douleur à évocation de ce souvenir. Cela faisait maintenant bien longtemps mais l'amour pour Catherine et l'immense douleur de sa perte étaient toujours présent. Il songea également instant à ce que la révélation de sa descendance signifiait pour Thomas, mais ne préféra pas penser plus longtemps à cela pour le moment.

Catherine a malheureusement succombé à la naissance de nos enfants et a rejoint le Très-Haut. Anéantis de douleur je me suis mis à l'écart, en Touraine, où la duchesse d'Amboise me prit au sein de sa maison. Fort heureusement Maria, tu te souviens ? Notre ancienne nourrice. Fort heureusement donc elle a été là, et l'est toujours, pour s'occuper des enfants. Durant plusieurs semaines, voir des mois, je fus aveuglé par la douleur de la perte de Catherine, puis petit à petit la lumière se fit en moi et je compris que Dieu me demandait de le servir en me séparant de Catherine. C'est ainsi que j'ai décidé de devenir prêtre. Puis la vie à continué son cours et je me retrouve dans cette situation particulière d'un prêtre ayant une famille. Mais cela ne m'empêche nullement d'accomplir au mieux ma mission et de servir le Très-Haut comme il se doit. Je sais fait la part des choses, et je ne pense pas que Cynil ou Elinor souffrent de la situation, surtout depuis notre retour à Beaumont. Della s'occupe d'eux en permanence, heureusement qu'elle est là d'ailleurs.

Eldwin ne cessait de ses le répéter. Sans sa soeur, ses enfants seraient beaucoup plus malheureux, lui, ne leur accordant pas autant de temps qu'ils le voudraient et qu'ils auraient besoin à leur jeune âge. Ayant terminé son récit Eldwin observa son frère pour voir sa réaction à toutes ces révélations.

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MessageSujet: Re: Salon   Mar 8 Sep 2009 - 10:22

Thomas écouta avec attention les explications d'Eldwin et les notas dans un coin de son esprit. Accéder à la noblesse titrée ne serait pas chose aisée pour lui, mais il tenterait, durant son mandat de procureur, de faire de son mieux, et donc de recevoir peut être les honneurs. Puis, Eldwin changea de sujet complétement, et il lui parla de sa femme Catherine, morte aujourd'hui. Il en avait vaguement ouïe quelques bribes à l'Eglise Sainte Galadrielle, mais il pensait, auparavant, qu'Eldwin tenait cela plutôt caché, comme une blessure encore ouverte qu'on ne montre pas trop à l'air libre, pour qu'elle ne s'infecte pas. Mais, en l'écoutant, Thomas comprit avec une certaine pointe de tristesse mélancolique qu'Eldwin avait réussi, tant bien que mal, à soigner cette blessure, après maintes douleurs.

C'était une situation particulière, en effet, mais pas si anodine. Beaucoup de prêtres avaient choisis la voie de Dieu après un mariage raté, ou un veuvage douloureux. Mais ce qui étonna un peu plus Thomas, c'était la présence d'enfants... Il se retrouva face à un dilemme, un dilemme que son esprit torturé et intéressé lui imposa :

Devait il haïr ces enfants, barrière à la succession, et donc à sa puissance ? Tenter de les assassiner, masquant cela comme une chute de cheval à la chasse, ou une fièvre malheureuse ? Il savait se servir du poison, d'autant plus que certaines personnes de son entourage, à Alençon, furieuses de le voir s'élever, avaient plusieurs fois tentées de le tuer par ce moyen. L'aide de son physicien personnel lui avait été bénéfique et il savait désormais reconnaître, plus ou moins les venins et s'en servir. On lui avait aussi appris à tuer, avec un simple fil, qui ne laissait point de trace : son maître peintre, Benvenuto Lombardi, lui avait parlé de ce moyen de mieux tuer son adversaire. On mettait à mort les sangliers comme ça, et les biches, lors de chasse, là bas, à Florence.

Cependant, il n'avait jamais fait usage de cela. Laissait les basses œuvres à son ancien maître de musique, Messire Gustav Henri, aujourd'hui mort.

Et puis, il se dit que ses avantages n'y étaient pas. Il n'évoluerait pas, il ne s'élèverait pas en tuant ses neveux et nièces (même s'il avait tenté avec Nabel...). Et puis, n'était il pas prêtre ? N'avait il pas voué sa vie au Seigneur ? Ce n'était pas la haine qui l'aiderait, ni le meurtre - crime plus ignoble que l'hérésie - que l'aiderait à l'envoyer au Paradis Solaire.

Ses intérêts n'y étaient pas. Il devait porter amour et assistance à sa famille. Les richesse qu'il pourrait acquérir viendrait d'elle, de son aide. Il ne les lui volerait pas. Alors, il afficha un sourire de façade à Eldwin, tentant de ne rien laisser paraitre de sa reflexion. Il savait que c'était peine perdue, Eldwin, à son avis, pouvait sentir ces choses là...


Cynil et Elinor, dit il d'un air vague. Je serais ravi de les rencontrer...


Il pensa tristement que cette joie, celle d'être père, il ne pourrait jamais y accéder, et il comprenait Della, qui n'était pas mère, du moins pas encore. Il avait, avec Nabel, un rapport différent, il n'était que son oncle, et avaient peu de différence d'age... Il était loin d'ailleurs, de se comporter comme un père. Il était désormais impatient de rencontrer les causes de son dilemme...
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MessageSujet: Re: Salon   Mar 8 Sep 2009 - 15:34

Elinor suivait sagement son frère et Maria à travers le couloir menant au salon. Elle serrait contre elle la nouvelle poupée que sa tante lui avait offert pour remplacer l’ancienne, mystérieusement disparue lors de sa convalescence. La fillette était à présent rétablie. Son teint de pêche et ses sourires généreux reflétaient la fraicheur et la vitalité, propres aux enfants de son âge. Parvenue devant la porte du salon, la petite troupe s’arrêta en silence. Maria se tourna prestement vers les jumeaux pour vérifier une dernière fois leur allure avant qu’ils ne rejoignent leur père et qu’ils soient présentés à leur oncle et leur cousine. Lorsque ses yeux jaugeurs se posèrent sur la poupée d’Elinor elle fronça légèrement les sourcils en signe de désapprobation et fit un pas en direction de la fillette.

- Elinor, votre poupée…

La gouvernante tendit une main pour récupérer le jouet, mais Elinor le serra un peu plus fort contre elle, ne souhaitant pas s’en séparer pour un sou. Maria retint un soupire d’exaspération. Depuis que l’enfant avait reçu sa nouvelle poupée, elle ne la quittait plus. Où qu’elle aille, quoi qu’elle fasse, Elinor l’emmenait partout. Et si la gouvernante avait le malheur d’essayer de la lui ôter, c’était le drame! Une avalanche de larme et de jérémiades s’abattaient soudain sur elle et le seul moyen de les arrêter était de lui rendre le précieux objet.


- Ça ne va pas plaire à votre père…

Elinor baissa la tête avec une petite moue boudeuse. Maria leva les yeux au ciel face au mutisme et à la mauvaise foi de la fillette. Ce n’était pas le lieu ni le moment pour la réprimander au risque de provoquer une nouvelle crise. L’enfant n’avait cas garder son jouet. Après tout, c’est elle qui risquait de recevoir les foudres de son père. Peut-être cela lui servirait-il de leçon? La gouvernant saisit Cynil et Elinor par une main chacun et les entraina dans le salon.
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MessageSujet: Re: Salon   Ven 11 Sep 2009 - 16:59

Son frère n'avait montré aucune réaction durant son récit. Du moins il n'avait pas paru choqué, déçu, énervé, ou encore enthousiasme. Eldwin ne savait donc pas vraiment ce qu'il pensait de tout cela, bien que connaissant quelque peu son frère, et le sachant ambitieux, il pouvait voir ses enfants comme une certaine ... gêne, pour ses intérêts. Mais Eldwin ne s'en inquiéta pas. Imaginez son frère vouloir du mal à la chair de sa chair et à son propre sang lui était inconcevable. Thomas se contenta de répéter les noms de ses neveu et nièce et d'évoquer le fait qu'il aimerait les rencontrer. Ce qui tombait bien, ils devaient arriver. Ils ne furent d'ailleurs pas long, ces chères petites têtes blondes, héritage de leur mère et des femmes de la famille de Volvent, à montrer le bout de leur nez dans le salon. Ils étaient suivi de Maria, et Eldwin vit tout de suite que Maria avait un air désolé, montrant Elinor. Il aperçu alors sa poupée. Il fit une légère moue mais ne dit rien, après tout elle n'était encore une enfant, et ne connaissait pas son oncle. Eldwin se leva et leur sourit, leur faisant signe d'approcher. Il les plaça devant lui, face à Thomas.

Voici Cynil et Elinor mon frère. Ton neveu et ta nièce. Les enfants voici Thomas, votre oncle. Vous devez vous comportez avec lui comme avec moi et votre tante.

Eldwin n'avait pas besoin d'ajouter plus. Ils avaient beau être jeunes il avait tenu à leur enseigner, dès le plus jeune âge, le respect envers les aînés, surtout ceux de sa famille, la manière de s'adresser à eux, de se tenir en leur présence. Oh bien sûr il savait qu'avec Della ces règles étaient peu respectés, surtout que leur tante ne faisait rien pour qu'ils les appliquent avec elle, mais avec les autres il tenait à ce que ce soit le cas.

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MessageSujet: Re: Salon   Lun 14 Sep 2009 - 19:50

Bonjour, mes chers neveu.

Il s'était levé et les toisait de toute sa hauteur d'adulte à peine sortie de l'adolescence. La jeune fille portait une poupée à la main, il jugea cela fort déplacé. Elle était certes jeune, mais n'était ce point le devoir d'une jeune fille de la noblesse que de tenir bien son rang ? Elle serait peut être mariée dans quelques années... Dès qu'elle serait nubile. Il ne cacha pas son effarement, puis se rendant compte que c'était la fille de son frère, il décida de masquer cela avec un sourire surfait et totalement hypocrite. Cette gamine et son frère n'étaient il pas la future génération des Volvent ?


Ho qu'elle est adorable avec sa petite poupée...

Il se dit qu'il la prendrait sa poupée, lui arracherait sa tête de chiffon et la jetterait au feu, cela le ferait bien rire. Il eut d'ailleurs un petit rire, mêlant mépris et douce folie. Il se reprit et tenta de le masquer avec un toussotement. Il se souvint des enfants qu'il avait rencontré dans sa jeunesse et dans ses voyages. Comme cette idiote de Laureline, qu'il aimait insulter et qui le lui rendait bien en le frappant. Il s'en était plaint à l'évêque, qui était venu en personne pour la sermonner. Thomas avait adoré ce moment là.

Oui, Thomas haïssait les enfants. Quand Eldwin lui avait parlé des siens, il s'imaginait déjà un garçon en âge de devenir chevalier et une jeune fille prête à être mariée. Pas ces petites choses qui, il en était certain, se mettraient à courir et à hurler dès que leur nourrice - bien courageuse pensa t il - tournerait le dos. Ha, les hurlement d'enfants... Déjà Nabel, qu'il avait vu grandir, s'était moult fois comportée sottement, comme cette fois, il y a peu de temps, où elle avait risquée de se retrouver sur un bûcher, pour avoir manqué de respect à des nones.

Citation :

Les enfants voici Thomas, votre oncle. Vous devez vous comportez avec lui comme avec moi et votre tante.
[quote]

Ho par Aristote, pensa t il, pourvu qu'il n'y ait guère de débordement d'affection !
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Cynil

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MessageSujet: Re: Salon   Jeu 17 Sep 2009 - 11:51

Le renardeau observait l'inconnu avec une certaine méfiance... C'est qu'il y avait beaucoup d'inconnu dans Beaumont... Lieu qui n'était d'ailleurs pas très familier. Après un temps remarquablement long, l'enfant senti des regards de reproche se poser sur lui...; Ha oui, saluer poliment...

Levant un pied puis l'autre, le gamin s'approcha de son oncle et se fendit d'un sourire avant de s'incliner respectueusement


Le bonjour Mon Oncle, je suis votre neveu. Je suis ravi de vous rencontrer

Aucun de ces mots n'étaient de lui.... Ha! Par Aristote, qu'il donnerais chère pour se retrouver sous une table à l'heure qu'il est.... Est ce qu'enfin on allais cesser de le regarder? Et pourrais t'il enfin courir se cacher?
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MessageSujet: Re: Salon   Lun 21 Sep 2009 - 10:59

Ha, le fier Cynil, héritier de notre famille !

Le Père Thomas fit un sourire hypocrite à son neveu, qui pour l'instant n'était pas encore en âge de représenter les intérêts familiaux. Il y avait toutefois une certaine pointe de regret, dans le regard du Père Thomas. Une once de tristesse ? Qui allait perpétuer sa mémoire, quand il serait mort ? Qui se souviendrait du Père Thomas de Volvent, sans un rictus de haine ou de peur ? Il n'avait pas de fils, pour honorer son souvenir, quand il aurait rejoint le Très Haut. Peut être ses frères et sœurs seraient ils capables de le faire, mais en auraient ils envie. Il ne laisserait de trace que des bûchers à peine éteints, et des familles brisées par son sadisme naturel.

Mais pas d'enfant. Pas de vie.


Enchanté mon neveu, appelez moi Oncle Thomas. J'espère que vous pourrez me considérer comme un deuxième père.


Il avait dit cela avec une certaine distance. Il ne fallait pas que le gamin se fasse des illusions, il ne serait pas la Tante Della en plus virile. Si on lui demandait son avis, il prônerait la discipline acharnée et le reniement des sentiments enfantins. Et pour la discipline, c'était ce fouet à plusieurs branches qui lui permettait de faire pénitence en cas de péché grave. La vie, il la connaissait. Et à son avis de prêtre, homme qui fréquentait l'horreur humaine tout les jours, il fallait dès le début forger à ce garçon une âme de conquérant, pieux, et impitoyable. Jamais il ne réussirait sinon, dans ces sphères terrifiantes qu'était la Noblesse de France.

Il jeta un regard mêlant mépris et peine à sa nièce, qui encore portait une poupée et se dit qu'elle devrait peut être abandonner dès maintenant son âme d'enfant et se préparer au mariage. Il se tourna vers son frère et dit :

Eldwin, tu as deux beaux enfants là. Je prierais avec ardeur pour que leur avenir soit glorieux et admirable. Cynil deviendra peut être chevalier d'un grand Seigneur, et Elinor une belle duchesse, au service de son mari... C'est tout le mal que je leur souhaite !


Il ne lui dit pas qu'il avait de la chance. Qu'il ne mourrait pas, dans leur mémoire, qu'il serait à leurs yeux le Père, le Vrai, l'Important et l'Indéniable. Peut être même un Dieu. Et que jamais le souvenir qu'il laisserait sur terre ne sera effacé. Lui, Thomas, ne pourrait jamais avoir de descendant. Il était destiné à mourir et à être oublié.

A moins qu'il ne devienne Pape.
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Della

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MessageSujet: Re: Salon   Lun 21 Sep 2009 - 11:37

Nabel souhaitait se reposer, je l'avais laissée aux bons soins d'une servante qui la conduirait dans sa chambre.
En la regardant s'éloigner, je me mis à penser qu'un de ces jours, il y aurait quelque courtisan autour d'elle. Elle avait une élégance naturelle qui semblait l'auréoler...Une bien jolie jeune fille...

J'entendis la voix de mon neveu adoré, répondre sans doute à Thomas, m'informant que les enfants étaient au salon.
Pourvu que Thomas ne leur fasse pas peur ! Ils étaient encore bien jeunes et tellement influençables. Un rien, parfois, les effrayait malgré toute l'attention que Maria et moi leur portions.
Vivre à Beaumont n'était pas une sinécure. Surtout pour des enfants, mis à part, bien entendu les extraordinaires territoires de jeux qu'offraient le domaine.

Voulant paraître à mon avantage, je me regardai, vérifiant qu'aucune herbe n'était restée accrochée à ma robe et qu'aucune mèche ne sortait du chignon que Maria m'avait attaché le matin.
Relavant la tête, le regard haut mais pas trop, j'entrai à nouveau au salon, avec l'envie d'entendre Thomas parler de lui.

J'arrivai à l'instant où Thomas félicitait Eldwin pour les enfants. Est-ce que je me trompais ou est-ce que je notais une teinte tristounette dans sa voix ? Comment savoir...après autant de temps sans le côtoyer, certaines petites touches personnelles avaient dû changer.

Je notai surtout que l'un et l'autre des enfants semblaient subir un terrible martyr.
Elinor serrant fort sa poupée et Cynil zieutant le sol à la recherche d'une cachette.

D'autorité, tant pis pour les regards en coin que j'allais essuyer, je pris chacun des enfants par les épaules, les serrant contre mes jambes, pour les rassurer.
On avait beau dire et faire, les hommes étaient rudes avec les gosses...Et pas seulement que mes curetons de frères...

N'est-ce pas, mon cher Thomas, qu'ils sont formidables, nos neveu et nièce ?
Je leur souris à tous les quatre.
Thomas, j'espère que tu comptes rester quelques temps à Beaumont. J'ai très envie que tu me racontes ta vie...
Un peu cheveu dans la soupe ? Oui...c'était indéniable...Il fallait faire avec !

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MessageSujet: Re: Salon   Lun 21 Sep 2009 - 18:57

Les enfants semblaient intimidés. Elinor ne disait mot, ce qui fit quelque peu froncer les sourcils d'Eldwin à son attention. Il n'avait pas élevé sa fille ainsi. Impolie et irrespectueuses de sa famille et ses aînés. Néanmoins il ne dit mot. Faire une remontrance à son petit trésor n'aurait fait que la murer un peu plus dans son silence. Cynil semblait d'humeur sombre, mais se présenta malgré à Thomas, et Eldwin en fut content, le regard et le léger sourire qu'il adressa à son fils en témoigna. Eldwin observa Della arriver, sans Nabel, sa nièce devait certainement être fatiguée par le voyage. Il ne fit rien devant son attitude avec les enfants et son changement de sujet de conversation. Il ne pourrait complètement la changer. Depuis son retour elle avait déjà fait beaucoup d'efforts et il lui en était reconnaissant. Il ne pouvait lui en demander trop, trop rapidement. Se sentant quelque peu las, il fit signe aux enfants de le suivre et s'adressa à ses frère et soeur.

Je vais me retirer. Thomas tout est prêt. Une chambre t'attend si tu souhaites te reposer du voyage. Nous nous reverrons plus tard. Je vous laisse discuter. Cynil, et Elinor, vous pouvez rester ou retourner à vos affaires.

Il caressa délicatement les têtes blondes de ses enfants, et après un petit salut à Thomas et Della quitta la pièce, gagnant ses appartements. Un léger somme lui ferait du bien.

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MessageSujet: Re: Salon   Ven 9 Oct 2009 - 18:55

RP :Le retour du mouton noir - acte II ^^

*´¨ )
,.•´¸.•*¨) ¸.•*¨)
(¸.•´ : (¸.•´ : (´¸.•*´¯`*•



Vous connaissez donc la Vicomtesse de Bapaume et le Sieur Erel ! Et bien figurez vous, mon oncle, que mes différents engagements en Béarn, notamment politiques, m’ont amené à croiser aussi leur chemin. A n’en pas douter voilà personnes de grande valeur et l’opiniâtreté dont ils font preuve à vouloir remettre sur pieds ce beau comté est fort admirable. S’ils ont pu vous inspirer, vous devez en estre ressorti plus sage.

Les deux parents suivaient le long corridor qui menait au salon et Orante surveillait chaque porte s’attendant à une divine apparition. Car depuis sa rencontre fortuite avec son oncle dans la cour du castelet, une seule chose hantait son esprit : la revoir. Enfin pouvoir étreindre sa douce Nabel, lui demander pardon à genoux, la supplier pour tous les maux dont il avait été la cause. A ce moment précis, il était prêt à mendier son absolution auprès de la jeune femme qu’il avait tant du faire souffrir. Orantes était rongé par le scrupule et tremblait de la réaction que pourrait avoir sa sœur. Supporterait-il un rejet de Nabel ? Les quelques missives qu’ils avaient échangées aurait dû le rassurer mais tout son corps tremblait de la voir l’évincer.

Les paroles de Godefroy vinrent détourner un moment les angoisses du jeune homme :

Quand à mon frère, je crains qu'il ne puisse vous recevoir avant longtemps, il est souffrant.

Souffrant…Eldwin souffrant….
Orantes fit un large sourire narquois. Son naturel revenait au galop. Je n’en crois pas un traitre mot, mon oncle. Notre antique renart serait mal en poinct ! Les hommes de sa trempe ne sont jamais atteints. Il nous enterra tous comme il a enterré sans vergogne mon père
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MessageSujet: Re: Salon   Sam 10 Oct 2009 - 9:11

Je venais de quitter la chambre d'Eldwin.
Il était faible, n'avait pas repris connaissance depuis deux jours entiers et j'en étais moi-même malade d'inquiétude.
J'avais fait venir une gouvernante ayant quelques notions de médecine après qu'elle eût servi dans l'armée, en tant que soignante, afin qu'il ne soit jamais seul et que régulièrement, on lui passe sur ses lèvres asséchées, un linge humide et frais.
Mes prières semblaient rester sans réponse de là-haut, ce Très Haut à qui mon frère avait donné sa vie, l'oubliait et le laissait souffrir un martyr qui me révoltait.

Je descendais l'escalier lorsque...

Notre antique renart serait mal en poinct ! Les hommes de sa trempe ne sont jamais atteints. Il nous enterra tous comme il a enterré sans vergogne mon père
Je ne sais comment je me retrouvai presque instantanément au bas des marches, le regard noir et prête à flanquer une gifle à l'auteur de ces paroles.
Sèchement, je questionnai mon frère.

Qui fais-tu entrer ici et qui ose ainsi médire d'Eldwin de Volvent ?
Me tournant vers l'homme qu'accompagnait Godefroy, je continuai, durement.
Quittez cette maison, vous qui déshonorez mon frère. Sur le champ !
Je tendis le bras en direction de la porte, la respiration courte, enragée et ivre de colère et surtout de douleur.

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MessageSujet: Re: Salon   Sam 10 Oct 2009 - 13:48

Quittez cette maison, vous qui déshonorez mon frère. Sur le champ !

La belle Della était entré telle une furie dans le salon où se trouvaient maintenant les deux hommes. Ses yeux couleur de houille auraient pu transpercer Orantes comme deux hallebardes. L’indignation de la sœur d’Eldwin n’était pas feinte, tout son être montrait à quel point les propos du jeune homme l’avait profondément outrée. Orantes se trouva d’un seul coup totalement dépourvu ; il aurait répondu à n’importe qui sans la moindre délicatesse, mais le souvenir qu’il avait de sa parente était des meilleurs. Il la savait pourvue d’une vraie grandeur d’âme et sa probité était certainement des plus indiscutables. Toutefois, il avait une seule idée en tête en regagnant la Bourgogne et il n’en démordrait pas.

Ma tante, pardonnez ma hardiesse, mes nombreux griefs à l’égard du Renart m’ont fait aller trop avant dans l’inconvenance. J’ignorais que vous étiez icelieu et n’ai poinct voulu meurtrir vostre personne.Le jeune homme baissa les yeux en signe de respect avant de se redresser à nouveau.
Je constate cependant que la maladie d’Eldwin provoque bien plus d’émoi à Beaumont que n’ont suscité la disparition de vostre frère Eloi et celle de feue ma bien chère mère. Nonobstant, si vous souhaitez me chasser, je n’y consentirais qu’à la seule condition d’avoir revu ma sœur !
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MessageSujet: Re: Salon   Sam 10 Oct 2009 - 14:58

Avais-je reconnu cet homme ? Sans doute pas. Aveuglée par ma peine et ma colère, je venais de me conduire comme la dernière des gueuses et la voix, calme, de l'homme, son regard qu'il baissa, me mirent mal à l'aise.
De plus, je ne comprenais rien à ce qu'il me racontait.

Votre tante ? Mais qui êtes-vous donc ?
L'évocation d'Eloi me fit lever le sourcil, d'étonnement.
Ce frère que j'avais à peine connu était mort depuis bien longtemps alors que je n'étais qu'une jeune enfant enfermée dans un couvent gris.
Qu'en avais-je à faire de la mort d'Eloi ?
Je vivais, pour l'heure, la maladie d'Eldwin, pas à pas.

Qu'est-ce que Eloi vient faire là-dedans ? Laissez donc les morts en paix pour la paix des vivants !

Enfin un peu calmée, je fixais le visiteur d'un regard inquisiteur avant d'interroger Godefroy.

Et toi, ne diras-tu donc rien ? Tu laisses insulter Eldwin sous son propre toit ?
Je m'en prenais à Godefroy comme je m'en serais prise à n'importe qui pour tenter de museler le désarroi qui me gagnait alors qu'une fois encore, je prenais le temps de dévisager celui qui me blessait.

Des airs et des traits me marquèrent...Ce regard...cette allure générale...
Ne venait-il pas de dire qu'il était le fils d'Eloi ? Ne venait-il pas de parler de Nabel ?
Se pouvait-il que cet effronté soit...Orantes ? Vaincue par le doute, je risquai :

Etes-vous Orantes ?

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MessageSujet: Re: Salon   Sam 10 Oct 2009 - 18:02

Votre tante ? Mais qui êtes-vous donc ?

Le courroux de la sœur du Renart semblait laisser place à un certain égarement. Orantes s’était adresser à elle comme à une parente mais l’incompréhension la plus totale se lisait sur son visage. Son regard scrutait le jeune béarnais, comme le Grand Inquisiteur l’eut fait avec un accusé en sorcellerie, quand elle lâcha :
Etes-vous Orantes ?

Oui, ma tante… Vous avez en face de vous vostre neveu, Orantes. J’ai parcouru bien des lieues à travers le royaume pour venir jusqu’à Beaumont. En arrivant icelieu, je n’attendais poinct un autre accueil de la part ma chère famille mais, qu’importe, je suis venu visiter ma sœur et ne repartirai pas avant d’avoir pu la voir.


Orantes, blessé dans son orgueil, avait choisi de ne pas démordre de son projet. Il répéta une nouvelle fois ce que Della n'avait pu comprendre sous l'emprise de la colère. Il était là pour Nabel et seule cette entreprise lui importait. Personne ne pourrait lui barrer la route qui menait jusqu’à sa sœur, pas même sa tante, qu’il estimait tant.
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MessageSujet: Re: Salon   Sam 10 Oct 2009 - 20:13

Ainsi donc, tu es revenu...

Orantes était parti, comme nous tous, plus ou moins contre notre volonté. Il avait vécu, grandi, changé mais une vieille rage semblait habiter son coeur.
De la mort de mon frère, je ne savais que ce que l'on avait bien voulu m'en dire...Maladie fulgurante.
Aussi, je ne comprenais pas la rancoeur qu'éprouvait Orantes vis-à-vis d'Eldwin et je lui en voulais de ne pas partager mon inquiétude quant à sa santé.

Pourtant, le retour d'un Renart ne pouvait pas, selon moi, être l'occasion de représailles.
Déjà, je venais de me conduire de façon honteuse même si je n'en démordais pas, on ne médisait pas sur quelqu'un sous son toit.
Je décidai donc d'accorder à Orantes, un accueil digne de son nom.


Tu es le bienvenu, ici, Orantes. Mais garde ta langue parce que je ne tolérerai plus aucune médisance sur n'importe quel Renart qu'il soit vivant ou mort, à tort ou à raison.

Voilà, c'était là, ma condition, je n'y reviendrai pas.
Tu pourras rester autant de temps que tu le voudras. Beaumont est notre tanière, tu le sais.

Ta soeur est ici, en effet. Ce n'est plus une enfant, elle non plus. Je pense qu'elle sera heureuse de te savoir de retour.

J'hésitai un instant, puis...
Cela me fait plaisir de te revoir.

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MessageSujet: Re: Salon   Dim 11 Oct 2009 - 17:30

L’ire de Della semblait s’effacer à mesure qu’elle comprenait que l’inconnu, qui un instant encore glosait sur son frère, n’était autre qu’Orantes. La persévérance avec laquelle le jeune homme avait maintenu son intention de ne pas quitter les lieues avant de voir Nabel avait-elle touché la châtelaine ? Elle, qui apparemment, ne se supportait pas que l’on s’en prenne à ses frères devait comprendre l’attachement indélébile qu’il existait entre Orantes et sa jeune sœur.
Les foudres de la colère avaient laissé place à une Della compréhensive, qui s’efforçait même d’être chaleureuse. Pourtant, tout comme le jeune béarnais l’avait averti des ses fermes intentions, il n’était pas question pour la tante d’Orantes de transiger sur le respect dû à son frère ainé :


Tu es le bienvenu, ici, Orantes. Mais garde ta langue parce que je ne tolérerai plus aucune médisance sur n'importe quel Renart qu'il soit vivant ou mort, à tort ou à raison.

Le jeune homme comprit qu’il fallait ne pas céder à son emportement habituel et se contenir devant sa parente ne devait pas pour lui être insurmontable, tant qu’il obtenait enfin une entrevue avec Nabel.

Fort bien, ma tante, si tels sont vos exigences, je cesserai mes babillages et m’efforcerai donc de ne poinct porter atteinte à Eldwin en vostre présence. Pour moi aussi, vous revoir est un réel contentement et je ne souhaite en rien diminuer le plaisir que nous avons tout deux à nous revoir. Vous êtes dame que mon père tenait en la plus haute estime et qu’il chérissait, aussi, si vous me l’autorisez, je suivrai ce penchant de feu Eloi, votre frère.
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MessageSujet: Re: Salon   Dim 11 Oct 2009 - 20:31

Godefroy était assis dans le salon depuis l'entrée de Della, il écouta silencieusement les échanges entre sa petite sœur et son neveu nouvellement revenu à Beaumont. Lorsque sa sœur décida de se calmer un peu Godefroy sortit de son silence.

Bon maintenant que tout le monde c'est présenté et assagit. Mal grès ce que tu sembles penser ma chère sœur, moi non plus Orantes je ne puis souffrir de vous entendre médire de mon frère, et je me réserve le droit de vous faire expulser par les gardes postés à l'entrée du domaine.
Sachez qu'ici nous sommes en un lieu familial et que nous nous devons tous autant que nous sommes de nous respecter mutuellement.

Quand à votre sœur elle ne saurait tarder je pense.


Il appela un valet et lui demanda de remuer ciel et terre pour quérir Nabel.


Sinon avez vous fait bonne route ?
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MessageSujet: Re: Salon   Lun 12 Oct 2009 - 12:01

Nabel avait suivit son frère, discrètement, silencieusement. Collant les murs, pour trouver quelque appui au mal qui la rongé. Son coeur ne cessait d'avoir des ratés, et le souffle lui manquait.
Il avait promis, il était de retour.
Caché prêt du salon, elle écoutait l'échange qui avait lieu. Orantes, Della et Godefroy. Que devait elle faire?
La blondinette, était là, à la porte du salon, hésitante et tremblante. Les portes furent poussées, et la demoiselle vit apparaitre un valet.
Avant que celui ci eut le temps de dire quoi que se soit, elle plaqua son doigt contre sa bouche lui interdisant toutes paroles, puis d'un geste, elle le congédia.
L'homme ne s'offusqua point et obéit silencieusement.

S'écartant de quelques centimètres du mur qui accueillait sa détresse, Nabel se redressa, lissant les quelques plis de sa houppelande, elle inspira profondément. Il était temps que les enfants d'Eloi se retrouvent mais dans quelles conditions ?
La main sur la poignée de porte, la choupinette ferma les yeux. Etait-il comme avant ? est ce toujours son frère. Poussant le volet qu'il le séparer de lui, la renarde adorable, fit son entrée.

Là, dos à elle, se tenait Orantes. Un regard, une supplique à sa tante, un appel au secours. Que devait elle donc faire, elle si jeune et si colérique de le revoir lui.


Mon oncle vous m'avez fait mandez ?

Essayant de feindre le mal être qui grandissait en elle, la blonde évita le regard de son frère qui se retourna au son de sa voix.
L'avait-il reconnu ou c'était-il retourné par simple curiosité ?
Ne relevant la tête, elle attendit la réponse de Godefroy.
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MessageSujet: Re: Salon   Lun 12 Oct 2009 - 15:00

Fort bien, ma tante, si tels sont vos exigences, je cesserai mes babillages et m’efforcerai donc de ne poinct porter atteinte à Eldwin en vostre présence. Pour moi aussi, vous revoir est un réel contentement et je ne souhaite en rien diminuer le plaisir que nous avons tout deux à nous revoir. Vous êtes dame que mon père tenait en la plus haute estime et qu’il chérissait, aussi, si vous me l’autorisez, je suivrai ce penchant de feu Eloi, votre frère.
Je fus soulagée d'entendre de sages paroles dans la bouche d'Orantes.
Si j'étais en colère pour les mots qu'il avait eus envers mon cher frère, il n'en demeurait pas moins que de devoir le mettre à la porte m'aurait affectée, énormément. Mon souhait étant que notre famille ne connaisse pas de discorde en son sein.

J'acquiesçai donc d'un signe de tête.

Faisons cela, Orantes, je te sais assez sage pour respecter ta parole.
Mon dessein n'est pas de voir les Renart se déchirer, bien au contraire.

Je ponctuai ma phrase d'un sourire chaleureux et sincère.

Godefroy envoya quérir Nabel, et celle-ci apparut très vite...Sans doute se trouvait-elle aux alentours.

Je surpris son regard vers moi et l'encourageai à entrer lui tendant la main pour qu'elle approche.
Pour avoir connu pareille situation lorsque Eldwin et moi nous étions retrouvés, je savais quel pouvait être le chamboulement qu'ils allaient connaître, tous les deux.
Mais rien n'était plus beau, à mes yeux, que des membres d'une même famille, se réunissant à nouveau après avoir emprunté des routes différentes.
Les tensions, les regrets et les remords, même les reproches semblaient tellement ténus devant l'immensité du bonheur des retrouvailles...

Je laissai à Godefroy le soin d'expliquer à Nabel pourquoi elle était là.

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