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 La chambre du bas

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Pascal

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MessageSujet: La chambre du bas   Ven 13 Aoû 2010 - 10:12

Pascal avait été alerté par le mouvement dans la cour.
La voix de la Dame des lieux avait résonné, les ordres avaient été lancés, il fallait y répondre si on ne voulait pas recevoir une sanction.
Railly était rude mais juste.
Tout manquement était puni.

Pascal ne se plaignait pas de ce système.
Lui-même très fidèle et efficace, il n'avait jusqu'alors jamais été réprimandé et il s'en félicitait.

Aussi lorsque la voix maîtresse ordonna qu'on conduise le cousin Désiré dans la chambre du bas, Pascal fila-t-il en ouvrir une fenêtre afin d'aérer. Il vérifia l'état du lit qu'il ouvrit et il fit apporter de l'eau fraîche ainsi que de la lavande. Il savait les vertus de la précieuse fleur du sud, il ne doutait pas un instant que cela ferait du bien au mourant.

Enfin, on amena le cousin Désiré.
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Nabel

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Ven 13 Aoû 2010 - 21:27

[De l'extérieur à l'intérieur, à la recherche de son Refuge]

Nabel ne faisait pas sa maligne. Toujours près de la voiture, attendant, parce qu'au final elle ne pouvait rien faire, l'Appérault de Volvent, écoutait, regardait, sa tante agir.
Si elle n'avait pas était là, Nabel aurait surement paniquée, engueulée quelques domestiques, et pris possession des lieux sans honte.
Mais Della était là, et la Blonde en était soulagée. Fatiguée, le voyage avait mis ses nerfs à bout, l'émotion l'avait vidé de toute force.
Regarder, écouter, et répondre au question quand Della en pose !
Alors là ... question piège sans nul doute ! Que dire ! Que le médicastre était celui des Appéraults ? elle le prendrait mal sans nul doute, pourtant, il était de bonne réputation, et n'avait rien demandé à la renarde en contre parti de tout cela. Surement Louis avait géré cela dans son coin.
Mais que dire ? parce que si elle disait la vérité, la Tante ne renverrait-elle pas l'homme de là où il venait !
Petit moment d'hésitation, quelques millièmes de seconde à peine.

La Comtesse de Lille...

Pas vraiment la vérité, mais pas un mensonge complètement, après tout c'était la même famille !

Et alors que la Chancelière attend le verdict de Della, Désiré est emmené.

Doucement Grand Dieu !

Et emboitant le pas, Nabel suit tout le beau monde à l'intérieur.

La chambre du bas avait était préparée, et à peine avait elle mis les pieds dedans, que déjà son oncle était étendu dans le lit.
Que faire maintenant, elle n'en avait aucune idée.
L'ambiance allait être tendue, l'adorable renarde ne supporterait pas ça bien longtemps, même si il s'agissait là de Désiré ! Justement parce que c'était lui, elle ne claquerait pas la porte et ne s'en retournerait pas en Alençon, mais il faudrait être patiente et encaisser les remarques de la renarde noire silencieusement.

De quelques pas, la blonde franchit la distance qui séparait la porte de la chambre du petit bureau installé. Prenant un parchemin, plume et encre, Nabel se mis à écrire, trop rapidement pour que l'écriture soit gracieuse.

Citation :
A Orantes de Volvent,

Mon tendre frère,
Me voici obligé de t'écrire quelques mots, à une vitesse dont je n'ai pas l'habitude.
Si les circonstances me le permettaient, je te raconterai que je me suis marié, et que ta lettre, ton consentement, furent pour moi ma motivation à m'unir à l'insu de la famille avec un Appérault.
Mais je n'ai pas le temps de te conter tout cela en détail.
Rejoins moi à Beaumont dés que tu le peux. Désiré, cousin de feu notre père, est dans un état peu rassurant. Je l'ai escorté sur nos terres, comme il me la demandé, mais je doute qu'il survive encore longtemps au mal qui le ronge.
La douleur qui m'envahit, fracasse mon âme toute entière. Rejoins moi je t'en prie.
Je n'ose m'imaginer seule avec Della de plus, je sais que cette union qui me lie à Louis fait de moi une traitresse.
Viens dans les plus brefs délais, je t'en conjure.
Nabel

Pas de temps pour les mots doux que le frère et la sœur employaient généralement, pas le temps non plus de se relire. Le vélin fut roulé, un ruban noué autour, et la blonde se dirigea vers un domestique.
Pour que lui seul entende, l'adorable se pencha et de sa plus basse voix ordonna doucement.

Va porter cette missive à mon Frère, Orantes de Volvent. Tu le trouvera surement à Cosne, et ne repars pas s'en le lui avoir remis !
Vas, cette affaire est urgente.

Il lui faudrait surement prendre le temps d'écrire à Louis, mais cela elle le ferait plus tard. S'approchant du lit, la Volvent s'essaya au bord et attrapa la main de son Oncle.
Il rester à attendre, et elle attendrait à ses côtés.
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Orantes

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Sam 14 Aoû 2010 - 9:13

[Cosne - Duché de Bourgogne]

Le ruissellement du fleuve quasi asséché était des plus doux en ce mois d’Auguste, pourtant le jeune cosnois vaquait à son occupation favorite, la pêche. Un loisir bien peu aristocratique auraient dit certains mais qui procurait au Renart un plaisir incomparable. Près des bords de Loire, Orantes se sentait aussi libre que ces pollens poussés par le vent dans l’atmosphère dorée du soleil levant.


Messire de Volvent ! Messire de Volvent ! On vous réclame au village !!

La quiétude matinale fut rompue par l’arrivée impromptue d’un vilain que le pêcheur accueillit avec froideur. Que lui voulait-on encore ? N’aurait-il jamais de répit ! Pliant son attirail, Orantes suivit le bon paysan jusqu’aux abords de Cosne où un domestique portant habit aux armes de Beaumont lui remit une missive. Le jeune bourguignon reconnut immédiatement le sceau de sa cadette.
Le billet était des plus laconiques et n’annonçait guère de réjouissances, un cousin dont Orantes connaissait à peine l’existence était proche du trépas et cela semblait grandement affecter Nabel qui réclamait sa venue. L’arrivée de sa jeune sœur sur les terres familiales était loin d’être des plus opportunes… Il lui fallait donc abandonner pour un temps la sérénité cosnoise pour gagner au plus vite la cage aux lionnes !


L’après-midi même, le Renart terrible chevauchait au travers de la campagne bourguignonne en direction du château. Que diable lui réservaient encore ces femelles Volvent ?!

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Della

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Dim 15 Aoû 2010 - 18:49

Le visage de Della n'exprima aucune humeur au nom de la Comtesse de Lille.
C'était un membre des Apéro et pour Della, cela voulait tout dire.

Ces gens, rustres jusque dans leur langage, avaient osé exiger d'elle une dote qu'ils avaient eux-mêmes choisie, pour Nabel !
Cela ajouté au ressentiment que la Renarde Noire avait envers Louis et même envers sa nièce et la façon déplorable et ignoble avec laquelle elle avait remballé le Vicomte Fred, avait fait que Della avait refusé ce mariage.
Restait à savoir pourquoi Nabel était arrivée dans une voiture aux écus des Apéro pour ramener Désiré au bercail.

Mais de cela, il serait question plus tard.
Pour l'heure, seul le confort de Désiré comptait.

Della s'assura que tout était tel qu'elle l'avait exigé et s'adressant à sa nièce, à mi-voix :
Je vais rencontrer Tristan, notre Chapelain. Des prières ne seront pas de trop.



Et c'est ainsi, qu'après avoir fait venir le dit Tristan, Della revint avec lui, à la chambre du bas.

Cela sentait la maladie, déjà presque la mort...Et Della eut un mouvement de recul, se rappelant l'angoisse qui avait été sienne lorsqu'elle lutait pour vivre, la vie s'échappant par ses entrailles béantes.

Mais elle se força à avancer au chevet de Désiré.
Là, elle sortit un flacon d'essence de lavande, elle en imprégna les draps et les oreilles du malade de quelques gouttes. Puis, sur un linge humide elle en déposa un peu encore et délicatement, tamponna le front de son cousin.


Désiré...mon cher cousin...voici notre Chapelain venu prier avec nous, pour ta guérison rapide.
Des derniers mots, elle n'en croyait rien. Le teint de Désiré était de plus en plus livide, l'ombre de la Faucheuse planait, irrémédiablement.

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Désiré

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Dim 15 Aoû 2010 - 23:09

Avec l'odeur de la lavande et sa précieuse nièce, qui le veillait nuit et jour jusqu'à l'épuisement, le malade ouvra un difficilement les yeux et vit tout un monde s'affairé autour de son lit... Les blondes s'occupaient de son corps mais personnes pour s'occuper de son esprit et de son bien être intérieur...

Nabel... Mes forces me lâchent... Je t'ai aimée comme la soeur que je n'ai jamais eu...! Tu m'as accueilli alors que tu ne savais pas qui j'étais, tu m'as offert un couvert quand j'en avais besoin... Je ne peux que te léguer ma simple demeure de Mortagne ainsi que tout ce qui est a l'intérieur...

Les yeux jaunis du mourant s'humidifièrent, les larmes ruisselèrent sur les joues blanchâtre de l'homme.

J'aurai voulu connaître la génération suivante,... mais la vie me quitte à grands pas...

L'homme resté jusqu'à lors en retrait s'avançait près du lit... Il commença à susurrer certainement des prières...

Les sueurs coulèrent de la peau du pauvre homme, déjà allongé sur son lit de mort. Des couvertures le couvraient jusqu'à hauteur du cou. L'odeur des fleurs ne pouvaient plus couvrir celle de la mort imminente.

La faucheuse était à présent aux portes du domaine...
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Nabel

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Dim 15 Aoû 2010 - 23:37

Toujours là ... ils ne c'étaient quittés que rarement depuis de leur rencontre. Sauf pour le voyage angevin de son oncle alençonnais. Les adieux avaient étaient bouleversant, et la blonde avait acquiescé, pleurait en silence. Oui elle le savait quand quelqu'un partait, généralement les liens se dénouaient. Mais à présent, à choisir, elle aurait préférée le savoir en Anjou et en bonne santé, loin d'elle, que si proche et au bord du trépas.
Guetter pour ne pas le laisser s'en aller, pour ne pas s'absenter, pour ne pas le laisser partir, seul, sans main pour l'accompagner, sans larme pour le supplier de s'accrocher, sans prière pour l'accompagné au delà.
Et quand Della arrive, accompagné de Tristan, la blonde serre un peu plus la main de Désiré. Elle le sait bien, l'espoir ne se lit plus, ni dans les yeux de Della, ni dans aucun regard même pas dans celui du Renard mourant.

Et quand une odeur de lavande vient parcourir l'air de la chambre, la blonde savoure. L'odeur de la mort ... y a t-il vraiment une odeur ? oui celle du désespoir et du chagrin, celle de la rage de voir partir si tôt homme si bon.

Et quand les murmures apparaisent, et que la voix de Della perce le silence trop lourd d'une ambiance trop pesante, l'adorable se laisse aller. Le dos courbé, le front posé sur la main humide de son oncle, les larmes coulent. Parce que l'espoir n'existe pas, qu'il n'a aucunement sa place icilieu en ce jour.
Alors quand la voix masculine défie encore la mort quelques instant, Nabel lève la tête, écoute les yeux humides, les paroles O combien tendres. Et entre respiration et larmes les mots s'en vont.

Désiré ...

Oui les mots manquaient à la diplomate. Il n'était qu'un cousin, pourtant elle l'avait placé sur le même piédestal que Thomas, elle l'avait aimé comme Orantes, et choyer autant voir plus que Tolaine. Pourtant, un jeune sourire, encore timide se dessina, entre deux larmes.


Ta maison, tu l'as léguée à la femme et son enfant, tu te souviens, ceux qui ont pris grand soin de toi.... elle aura plus d'utilité à cette famille, quant à moi, je suis déjà logé plus aisément que je ne le souhaiter avec mon épo.. à Alençon !

Oui, dans le genre je suis blonde on fait pas mieux, et pourtant elle c'était rendu compte de ce qu'elle s'apprêtait à dire. Un regard discret pour Della, pour voir la réaction, puis s'en retourner sur Désiré.

Tu la connaitra Mon Oncle. Il te fait t'accrocher. Je t'en supplie.

Mais les paroles sont vaines tout autant que cet espoir qui bouffe Nabel de l'intérieur. En quelques secondes, la boule de nerf au reflet d'or se sent vieille, impuissante, et sur ses traits se lissent peine, colère et désespoir alors que la respiration de Désiré se fait de plus en plus lente.

La faucheuse est désormais au seuil de la chambre.
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Orantes

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Mar 17 Aoû 2010 - 15:12

On avait déjà sonné les complies lorsque les échauguettes de Beaumont se laissèrent deviner aux yeux du cavalier cosnois. Le modeste château bourguignon avait quelque chose de fantomatique dans la lueur des tous derniers rayons du Soleil. Le craillement d’un corneille perça l’atmosphère lugubre qui régnait aux abords de la demeure familiale.

Comme les brumes nocturnes cerneraient tantôt les murs de leur tanière, les jours à venir ne présageaient rien de bon pour les Renarts. Orantes le pressentait. Il y avait d’abord ce mariage que sa jeune sœur avait choisi de mener à bien, coute que coute, sans le consentement de leur tante et qui ne tarderait pas à semer la discorde. Il était aussi fort à parier que l’humeur de leur tante serait exécrable puisque, disait-on en Bourgogne, sa suzeraine, la Duchesse de Nivernais n’était plus bienveillante à son égard et voulait la traîner devant la justice héraldique. Dans de telles circonstances, le trépas annoncé de Désiré se présentait comme le préambule au dissentiment et au chagrin.

Orantes en était à ce point de ces considérations quand le fracas des fers de son cheval sur les pavés de la cour vint l’interrompre. Il héla un palefrenier, se débarrassa de sa monture et se fit conduire céans par un valet vers la chambre du mourant. Pénétrant avec discrétion et sans frapper dans la pièce, l’air vicié qui en exhalait le prit à la gorge. Beaumont suintait l’agonie.

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Nabel

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Mer 18 Aoû 2010 - 0:31

Elle ne bougeait plus l'Adorable. Pas plus que le renard Casaviecchi. Main dans la main, encore, à croire que leur vie, ils l'avaient passée ainsi, à ne jamais se quitter, à ne jamais rompre le contact. Et pourtant, pourtant, cela n'avait était le cas et aujourd'hui qu'on rappelait l'oncle au près du Trés Haut, la nièce regrettait.
Ne pas bouger, ne pas le réveiller, et attendre, un signe de vie, un signe de mort. Peu importe au final, car quand Dame Faucheuse élue domicile à côté de vous, elle ne se détourne pas de son chemin. Alors aujourd'hui ou dans trois jours quelle était la différence. Le chagrin serait le même, les larmes bruleraient autant, et l'envie de vomir, tellement elle aura pleurer, l'envie de dormir, tellement elle aura passée toutes ses forces dans sa peine. Et l'envie de veiller, sur le corps inerte de Désiré, jusqu'à ce que la terre l'appel, jusqu'à que la cérémonie soit finie.
Mais trois jours ... temps si court et si précieux. Juste assez pour prendre soin encore un peu d'une personne. Juste assez pour se préparer au pire, et lui dire. Lui dire combien elle l'aura aimé, et que jamais elle ne l'oubliera. Lui dire, que la haut, il y sera le bienvenu, lui, homme qui avait destiné sa vie à l'église. Lui dire, lui demander plus tôt de saluer son oncle Thomas, et d'embrasser amoureusement père et mère. Le supplier de lui garder une petite place, côte à côte, pour quand son heure viendra. Et lui demander de veiller, sur la famille Volvent, sur celle des Appérault, sur la sienne, celle qu'elle aura un jour, celle où il ne sera plus là pour en faire partir, sauf dans sa mémoire.
Trois jours... pour dire adieu. Temps que la blonde n'aura pas, elle le sait, le sent, tout comme le courant d'air frais qui traverse la pièce.
Quelqu'un est entré, et sans savoir pourquoi, Nabel ne veut pas tourner la tête. Ne pas le quitté, garder ce contact qu'elle entretient depuis plusieurs jours, plusieurs semaine.
Alors elle ne bouge pas, sauf pour essuyer les larmes qui coulent sur ses joues trop pâles.
Sauf pour laisser échapper de ses lèvres trop rougit par les mordillements, quelques prières.




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Della

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Mer 18 Aoû 2010 - 8:07

Elle se tenait près de la fenêtre aux tentures closes.
Ses yeux ne quittaient pas son cousin, si faible, dont la respiration devenait courte.
Tristan priait.
Est-ce que le Très Haut entendait ses prières ?
Oui, sans aucun doute.
Mais Désiré ne reprenait pas de forces.
C'est donc que la volonté de Dieu était de rappeler à lui, le cousin Désiré.
Il fallait se plier à cette volonté divine et prier, maintenant déjà pour le repos de cette âme.

Della pensa à Désiré, elle le connaissait peu, au final, n'avait jamais noué de liens comme elle en avait avec Séverin.
Ce dernier lui manquait cruellement.
Ils se ressemblaient tant qu'ils se comprenaient si bien...et depuis son départ dans un sombre couvent, Della se sentait seule.
Un visage apparut dans ses pensées, elle ferma les yeux et laissa son souvenir envahir son être...la douceur de sa voix, la tendresse de son regard et ses gestes parfois maladroits...elle sourit.

La porte s'ouvrit alors et ce fut Orantes qui entra.
Della lui adressa un petit sourire triste, de circonstance et s'approcha sans faire de bruit, de lui.

Bonjour Orantes. Elle l'embrassa comme un frère...malgré qu'elle savait qu'il devait, lui aussi, lui en vouloir pour Nabel. Mais l'heure n'était pas à ça. L'heure était à la famille et pas à ses heurts.Cela fait du bien de te voir.

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Orantes

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Mer 18 Aoû 2010 - 13:13

Les yeux d’Orantes mirent un bref instant avant de s’accommoder à l’obscurité qu’emplissait la pièce. Il reconnut pourtant sans mal la délicate silhouette de sa Tante qui s’approchait de lui. Della l’accueillit d’une embrassade inhabituelle. Les traits tirés du triste visage de sa parente allèrent au cœur du Renart qui l’étreignit, comme jamais il n’aurait osé le faire auparavant, avec la plus infinie tendresse.

Bonjour Orantes. Cela fait du bien de te voir.

Bonjour Della.


Le jeune homme allait lui aussi faire part de sa satisfaction de voir sa tante, de sentir le réconfort d’être parmi les siens, mais les circonstances funèbres et aussi, très certainement, son orgueuil lui interdirent bêtement.
S’approchant vers sa jeune sœur qui ne l’avait pas vu pénétrait dans la chambre, il posa sa main sur celle de Nabel qui enserrait celle du malade comme pour l’amarrer encore un peu à la vie. Puis sur sa joue pâle, il déposa maladroitement un petit baiser qu’il voulait consolateur. Puis esquissant un léger sourire chargé d'affection, Orantes lui chuchota à l'oreille.


Mon bel ange, je comprends ton tourment mais il faut sécher un temps soit peu tes larmes et prendre quelque de repos…
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Tristan_du_cost
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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Mer 18 Aoû 2010 - 14:47

Tristan suivait Della dont la démarche était toujours aussi légère, humant derrière elle les volutes de son parfum. Il aurait préféré la suivre dans un escalier montant, pour mieux admirer ses jolis mollets ... Ils arrivèrent enfin devant la chambre du soit-disant mourrant.

En entrant dans la chambre, il fut surpris par la demi-obscurité et le calme qui régnait malgré les personnes présentes. Effectivement, le cousin avait l'air mal en point, et s'il avait joué la comédie, il aurait été un grand acteur. Mais l'odeur de la grande faucheuse surpassait les quelques effluves de lavande qui avaient bien du mal à se faire remarquer, confirmant ainsi la fin proche.

Tristan salua les gens d'un hochement de tête respectueux, et s'agenouilla quelques secondes pour prier le Très-Haut.
Après avoir psalmaudié quelques phrases, il se releva et s'approcha du cousin alité.


Hmmm, à regarder vos yeux jaunes, je diagnostiquerais un dysfonctionnement du foie. Certes, je ne connais pas la médecine, mais mon expérience de la fin de vie terrestre m'a beaucoup appris.

Cher enfant de Dieu, voulez-vous vous décharger de vos péchés pour monter plus facilement l'échelle qui va vers le soleil ?


Tristan avait dit ces mots en gardant ses mains jointes, les doigts dirigés vers le haut, vers le Très-Haut.
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Désiré

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Mer 18 Aoû 2010 - 21:22

La chambre était maintenant éclairée à la lueur des chandelles dispersées sur le mobilier. La nuit avançait pour atteindre son apogée dans quelques heures, c’est à cet instant que la faucheuse devrait prendre le mourant…

Pour le moment l’heure était à l’agonie. Le chapelain penché sur l’alité :

Citation :
Cher enfant de Dieu, voulez-vous vous décharger de vos péchés pour monter plus facilement l'échelle qui va vers le soleil ?

Mon père, j’ai fait tant de chose que je regrette maintenant. Je n’ai pas respecté ce qui pour le Très Haut à le plus d’importance, la parole de l’être humain…

Ses yeux se dirigea vers sa nièce qui ne l’avait quitté de la journée. Les forces le quittèrent de plus en plus

J’ai failli à ma parole de rester veiller auprès de toi ! Et Dieu me puni ainsi…

Les syllabes avaient de plus en plus à être prononcer.

Je . . . . pas . . . . aller . . . . Anjou . . . . je me suis perdu, et j’ai succombé à l’envie et la richesse facile… Mon dieu pardonnez moi, moi pauvre pêcheur !

Les larmes coulèrent encore et encore… L’homme eu la vision assombrie, jusqu’à ne plus rien voir ! Devenu aveugle, Désiré mit sa deuxième mains sur celle de Nabel. Et lui chuchota, en c’est derniers temps lugubres et :

Nabel, je te prie de m’excuser et surtout de me pardonner si je t’ai blessée d’une façon ou d’une autres…
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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Mer 18 Aoû 2010 - 22:06

Le temps qui s'effilochait doucement rappelait un autre temps, celui de l'agonie d'Eldwin.
La Blonde devait-elle assister ainsi tous les siens, les mener aux portes du Seigneur ?
Elle-même avait été si proche du Paradis qu'elle supportait sans faiblir cette nouvelle épreuve.

Elle était sortie et rentrée deux ou trois fois, ramenant à la cuisine les gobelets d'eau vides et les linges usagés et en apportant des neufs ainsi que de l'eau fraîche.
Tous ces gestes se faisaient dans un grand silence, comme si le bruit risquait d'accélérer le processus enclenché de la mort.

La présence de Tristan l'apaisait.
L'homme de Dieu était le lien entre la vie et le trépas mais aussi et surtout entre la souffrance et l'Espérance.

Désiré se confia au Chapelain et Della en fut soulagée. Fervente fidèle aristotélicienne, elle n'aurait pas imaginé mourir sans s'être confessée...Et pourtant, si la mort arrivait sans prévenir ?

Nabel avait les yeux cernés et Orantes semblait livide, lui aussi.


Alors qu'elle revenait pour le troisième fois de la cuisine avec de l'eau fraîche, elle versa cette fois à chacun, un hanap d'hypocras.
Ce breuvage avait bien des vertus de par ces nombreuses épices et miels en plus d'être réconfortant...

Bientôt, l'on sonnerait le tocsin en Beaumont.

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MessageSujet: geablke   Mer 18 Aoû 2010 - 22:15

On parlait dans la chambre, on murmurait plutôt, comme pour ne pas déranger le silence lourd d'un instant funeste. Mais cette voix, elle l'aurai reconnu entre tous. Petit soupire de soulagement, de voir le véritable amour de sa vie présent pour cette épreuve qui allait, sans doute possible, marquer à jamais Nabel.
Un baiser déposé sur sa joue, geste tendre mais qui déclencha encore quelques larmes, et une main posée sur la sienne, posée sur celle de Désiré, sur leur lien.
Du repos, elle ne le pouvait pas. Levant la tête, quittant ainsi du regard son oncle pour le porter sur Orantes, la blonde demande assistance dans les yeux de son frère. En fait, elle n'était même pas sur de pouvoir se relever de la tragédie qu'il se préparait. Comment est ce possible de passer outre et de continuer à vivre, quand une partie de soi vous quitte.
Les lèvres rougit de la blonde se déserrèrent, juste à peine, pour prononcer quelques paroles.

Oh Orantes !

Je ne puis le laisser seul, je ne puis le laisser partir...

Plus le temps s'écoulait, moins l'adorable comprenait pourquoi. Oui elle savait que la fin était proche, le sentait autant que Désiré le sentait, sachant à chaques moments ce que son oncle resentait. Quand il avait mal, sa main se refermait un peu plus sur celle de Nabel, et quand la douleur passée, la prise était relachée, offrant quelques minutes à peine de repis aux doigts de l'artiste. Mais peu choyait, le plus important était d'être là, tout près de lui. Mais pourquoi est ce lui qui le Très Haut rappelait ...

La main de libre de la blonde vint enlacer à son tour celle de son frère, les yeux se fermèrent et la tête bascula pour prendre appuie sur le torse de se frère bienveillant. Elle l'avait fait appeler, il avait répondu présent, elle ne le remercierait jamais assez.
Quitter le chevet du mourant était inenvisageable, et les paroles qui allaient suivre, conforteraient le chancelière dans ses actes.
Elle ouvrit les de nouveau les yeux et se redressa quand Désiré prononça difficilement ce qu'il pensait être péchés.
Ainsi, il pensait qu'elle lui en voulait ! Mais comment était ce possible, ne lui avait elle pas souhaité d'être heureux, ne lui avait elle pas dit qu'elle comprenait ! Elle ne l'avait pas accueillit et n'avait pas pris le jeune homme sous son aile pour l'attacher à elle, ad vitam aeternam. Non elle ne regrettait rien, ni ses choix ni les chemins que les deux cousins avaient empruntés. Elle ne regrettait qu'une chose, c'est de ne pas avoir pris plus de nouvelles, de l'avoir laisser dépérir seul, chez lui.

Oh Désiré !
Tu n'a failli à aucune de tes paroles, crois moi. Tu as était bien plus qu'un cousin, tu as était un oncle, un ami et une partie de ma vie, que tu resteras à jamais. Je ne te pardonneari de rien mon Oncle, car tu n'as rien à te faire pardonner. Et si déçue j'ai était ce ne fut pas de toi, qui m'a apporté tant de bonheur.

Les paroles avaient étaient murmurées, entre larmes et respirations rapides. Pour le reste, elle ne pouvait lui accorder quoique se soit, si seulement il y avait matière à.
La respiration de son oncle inquiètat la blonde, qui dans un dernier espoir se retourna pour chercher une aide qu'elle savait veine. Un regard pour le médicastre, qui ne présagait rien de bon, une demande silencieuse pour sa tante, une supplique à son frère.

Désiré ... pardonne moi ...
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Tristan_du_cost
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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Jeu 19 Aoû 2010 - 16:55

L'heure était maintenant aux jérémiades, aux pardons soufflés entre deux sanglots, aux larmes essuyées d'un revers de main.
Quel tableau touchant, une famille réunie, unie devant l'épreuve.
Tout ceci lui donnait soif, et Tristan remercia Della, toujours aussi prévenante et séduisante malgré les circonstances, pour ce rafraichissement.
Tristan coupa les auto-flagelations en prenant la parole.


Mes chers enfants, ne fatiguez pas le pauvre malade. Il faut qu'il économise ses forces, il en aura bien besoin.
Et se tournant vers le cousin :
Cher enfant du Très-Haut, sachez que votre Père vous écoute par mon intermédiaire.
Il est fier de votre démarche et il vous attend auprès de lui.


Puis regardant le plafond, Tristan ajouta :
Mon Dieu, tu connais la droiture de ton enfant, ses forces et aussi ses faiblesses. Accepte ses péchés et reçois le auprès de toi, sur le soleil, avec tous ceux qui l'ont précédé.
Mon Dieu, je te le recommande et je sollicite ta bonté.


Puis se tournant vers le malade.
Par mon intercession, et au nom du Très-Haut, je te pardonne tous tes péchés. Te voilà purifié et prêt à monter la grande échelle qui mène au soleil.
Amen


Tristan termina sa prière par un signe de croix.
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Désiré

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Jeu 19 Aoû 2010 - 22:51

Le soir était désormais parti, et la nuit s’installait. Glaciale pour un soir d’été, la faucheuse refroidissait l’air ambiant. Pourquoi d’ailleurs la faucheuse ? Une femme serait à l’origine de la mort… Pour Désiré, elle ne peut être que brune car trop de blondes l’aiment et l’apprécient. Ou rousse, chevelure du diable, au visage d’ange !

Devenu aveugle, il se replia sur ses derniers sens qu’il possédait, à savoir l’ouïe et le touché. Avec l’odeur de la mort neutralisait l’odorat, le goût ne pouvait servir a grand chose en ces temps funèbres… La nièce baisait la main du malade, le mourant déposa sa deuxième main sur la pilosité crânienne. Le mouvement était pour la réconforter et la remercier de tout se temps passer au côté de son parent. La tête tournée vers la blonde agenouillée il prononça :

Nabel, ma belle, reste telle que tu es ? Tu n’as rien à te reprocher…

Il tourna à présent sa boîte crânienne vers le plafond. Etant aveugle, il vit une femme rousse au visage enfantin, doux, une femme à la peau blanche aux vêtements lumineux. Une grande tunique blanche couvrait une main tendu vers Désiré. Il pensait que c’était la fin de vie terrestre, qu’il était trop tôt pour cela. Alors la pensée se dirigea vers les personnes qui le veillaient et surtout à Nabel, sa tendre nièce qu’il avait retrouvée par hasard et qui le veillait depuis leurs retrouvailles récentes à Mortagne.

L’heure était venue de les quitter pour rejoindre le repos éternel, et donner une occasion à toutes ses personnes de se reposer. Les cernes se creusaient sur les visages attristés. Les dernières forces le quittèrent à présent, la main, posée sur le crâne de sa parente , se leva et alla chercher la main de l’ange. Les deux mains se touchèrent presque quand…

Dans un sursaut le torse de Désiré se redressa et retomba immédiatement. Les mains s’était jointe et l’âme avait été libéré de l’enveloppe corporelle. Le cœur avait cessé de battre. Le renard venait de nous quitter. Un domestique présent dans l’entrée de la chambre s’approcha alors et desserra la main de l’oncle agrippé à celle de la jeune renarde en pleure. Il monta la couverture du lit au niveau de la poitrine, mit les avant bras sur la ceinture et s’éloigna pour se placer au pied du lit…

L’heure était maintenant au recueillement…
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Tristan_du_cost
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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Ven 20 Aoû 2010 - 8:43

Tristan regarda faire le domestique et posa une main sur l'épaule de la renarde en pleurs.

Ne soyez pas triste, Damoiselle. Votre oncle est parti pour un grand voyage.
Il retourne voir son Père, le Très-Haut, et vivra avec félicité.
Plus aucun mal ne le touchera. Plus rien ne pourra le faire souffrir.


Il s'approcha ensuite de Della, avec qui il était un peu plus distant. En effet, il s'agissait de la maîtresse de la famille, celle qui l'avait engagé et celle envers qui il devait profond respect et obéissance.

Il s'inclina, et presque sur le ton de la confidence, il lui demanda :

Votre cousin sera toujours avec nous, il vivra toujours auprès de nous, en nous ...
Quand souhaitez-vous que nous célébrions ses funérailles ?
Voulez-vous que je m'en occupe, ou feriez-vous appel à un Cardinal ou un Evêque ?
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Della

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Titre:
Résidence: Seignelay

MessageSujet: Re: La chambre du bas   Ven 20 Aoû 2010 - 9:45

Lorsque Désiré expira une dernière fois, Della en fut soulagée. C'était la fin de l'agonie, la fin des souffrances tant du malade que de ceux qui l'accompagnait.

Della savait que la mort n'était pas une fin mais un commencement. La foi qu'elle avait en le Très Haut ne pouvait la tromper, Désiré serait accueilli en Paradis.

Elle baissa la tête, le temps d'une courte prière silencieuse puis, Tristan s'approcha d'elle.
Elle lui sourit. Tristan était un homme calme et son tempérament apaisant faisait du bien aux gens qu'il croisait.
La Renarde Noire posa une main sur le bras de son Chapelain.

Je ne veux personne d'autre que vous, Tristan, vous le savez...
Organisez la cérémonie, je vous en prie. Le plus tôt sera le mieux.
Je vous fais toute confiance, mon ami.


Elle laissa alors le clerc pour s'approcher de Nabel, elle posa sa main sur l'épaule de sa nièce.
C'est fini, Nabel...Va te reposer, tu en as besoin.

Elle regarda Orantes, espérant qu'il la soutienne dans cette demande à Nabel.
Orantes, resteras-tu ici jusqu'aux funérailles ?
Della avait le coeur en deux, mais elle se devait avant de fondre dans un chagrin lourd, de veiller à ce que les siens soient à l'abri...c'était sa façon de les protéger de la douleur du deuil bien trop connue d'elle.

_________________
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Orantes

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Ven 20 Aoû 2010 - 16:09

Longues, très longues furent ses minutes où le jeune cousin fut happé progressivement par la mort. Son dernier souffle expiré, son visage prit l’apparence d’un sourire comme si son trépas était une libération. Les yeux d’Orantes se posèrent sur sa jeune sœur qui ne cessait de pleurer, il était impuissant devant tant de chagrin et ne parvint qu’à lui serrer un peu plus la main pour la ramener sur les rives lumineuses de la vie. Le chapelain tentait lui aussi de se faire rassurant, en vain.
Les yeux désemparés de Della croisèrent alors ceux du Renart, ils trahissaient, eux aussi, l’abattement.

Orantes, resteras-tu ici jusqu'aux funérailles ?

Oui, Ma Tante, je crois qu’il est préférable que je demeure encore un peu à Beaumont. Ma place est icelieu parmi vous quoiqu’il advienne.


Puis s’adressant à Nabel.
Della a raison, mon belle ange, tu es si pâle ; il te faut prendre congés et te remettre un tant soit peu de ces douloureux instants. Je resterai tout prêt de toi si tu le souhaites.
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Nabel

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MessageSujet: Re: La chambre du bas   Ven 20 Aoû 2010 - 21:38

A genoux, comme pour une dernière prière, les mains jointes tenant encore et toujours la main de Désiré.
Et l'adieu arriva, quand le main de l'oncle se posa sur la tête de la blonde, quand il prononça les paroles, ses derniers mots. Alors, les larmes ne s'arrêterent pas, et coulèrent en plus, s'échouant sur la peau de Désiré.
Un sursaut, une fin, il n'était plus, Désiré l'avait quitté. Alors la tête de la jeune renarde tomba sur le bord du lit, et les mains ne voulurent pas lâchaient celle de l'oncle. Non, pas tout de suite, pas maintenant, rien de tout cela n'était possible. Il est parfois des mauvais rêves, que l'on souhaite voir s'achevaient. Mais si elle ouvrait les yeux, elle le savait, elle ne verrait que le corps inerte de son oncle, alors elle les ferma un peu plus fort, baisant encore la main du mort, laissant silencieusement échapper ses larmes.
Crier n'aurait servit à rien, supplier non plus, alors il lui fallait accepter, admettre que les Très Haut était le plus fort, et que la vie était chose précieuse, mais pourquoi ...

Et alors que le domestique séparait la main de Nabel et celle de Désiré, la blonde s'accrochait, encore un peu, et puis, à bout de force, la diplomate l'Appérault lâcha prise et releva la tête. Le corps était désormais recouvert, les mains placées sur le torse et le visage paisible.
Le silence fut rompu, et quand la blonde sentie sur son épaule une main, elle ne fit aucun mouvement. Les pensées ailleurs, le regard arrêté sur le visage de son oncle, les paroles du chapelain glissèrent sur la blonde. Elle n'entendait rien, et ne voulait rien entendre.

Et puis, ce fut la voix de Della qui arriva aux oreilles de l'adorable.

Me reposer ...

Les mots étaient vides de tout sentiments, comme Nabel à présent. Pourtant elle était épuisée, à bout de force, sans même savoir si elle arriverait à se lever pour rejoindre un lit.
Fermer les yeux ne lui laisserait d'autre options que de revoir encore et encore le visage souffrant d'un oncle parti, et avait elle la force de revivre cela, encore, alors que tout était trop nouveau.

La main sentie la chaleur fratenelle s'imiser dans l'esprit meurti de la blonde. Elle decait se reposer, il était là un conseil de son frère.

Il ... il me faut écrire. Je dois informer, Louis, Stella, les Casaviecchi, il me faut ... et la cérémonie, quand ? il faut leur dire, l'annoncer..

La voix était rapide, le visage fermé, comme si une douce folie s'emparait de l'esprit de la chancelière. Le geste fut rapide, la blonde se leva, tribucha, et s'accrocha à Orantes. Les yeux amplient de larmes cherchèrent un secours qu'elle savait vain dans le regard de son frère. Depuis quand n'avait elle pas dormie ? et pourtant il lui restait tant de choses à faire maintenant.

Qui ... qui va le veiller ?
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